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Quelles stratégies d’action pour les structures collectives d’irrigation en Midi-Pyrénées ?

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L’analyse des informations collectées au cours de l’enquête exhaustive des structures collectives d’irrigation de la région souligne l’importance de ces structures collectives dans le paysage agro-hydraulique de la région : plus de 133 000 hectares équipés, 6300 kilomètres de conduites enterrées, un volume de stockage d’environ 66 millions de m3... plus de 8.000 utilisateurs/membres concernés par le bon fonctionnement et la gestion de ces structures et en particulier plus de 6 500 exploitations agricoles (environ 13% des exploitations de la région Midi-Pyrénées – Source : AGRESTE, enquête structure 2003).

L’enquête a permis de souligner la grande diversité des structures collectives d’irrigation dans la région – diversité dans la taille et la complexité des infrastructures, diversité organisationnelle et de gestion, diversité des adhérents et des usages de l’eau... La diversité dans la performance des structures collectives d’irrigation a été aussi observée même si l’analyse de la performance n’a été qu’effleurée et demanderait des investigations plus poussées basées sur une information plus complète et précise. La phase d’audit a permis de mettre en lumière les dynamiques des structures collectives d’irrigation de la région, et les enjeux majeurs auxquels sont confrontées ces structures. Deux axes d’évolution se distinguent :

  • Le premier axe concerne la « structure et son développement territorial » : des dynamiques de « croissance » ou de « simplification » sont observées.
  • Le second axe décrit « l’intensité et la diversité de la demande en eau » et quatre types se distinguent : les structures « sous-utilisées», les structures « spécialisées », les structures dont les usages agricoles sont diversifiés, et les structures s’ouvrant vers des usages non agricoles.

Les structures collectives d’irrigation de la région Midi-Pyrénées font face à des enjeux de structuration et d’adaptation. On constate en effet un fort besoin de renforcement des fondements des structures pour les stabiliser et les pérenniser. Ces besoins sont d’ordre administratif/juridique (formalisation des bases juridiques, formalisation des partenariats, mise en œuvre des nombreuses réglementations nouvelles...), d’ordre technique (mise en conformité des retenues et des prises d’eau ; appareillages et fuites du réseau...) et d’ordre associatif (meilleure répartition des taches entre acteurs - renforcement de l’implication associative, délégation, partage des responsabilités, mutualisation des moyens...).

On constate aussi un fort besoin d’adaptation des structures avec les évolutions de l’environnement extérieur : évolutions des acteurs extérieurs à la structure dues, par exemple, à l’urbanisation du territoire, évolutions des politiques territoriales (dans le domaine de l’eau par exemple : SDAGE, SAGE, DCE), et de l’environnement économique (ex. globalisation des marchés, PAC, ...). Ces facteurs se traduisent par un besoin d’apprentissage afin de travailler sur de nouvelles échelles d’action, par un besoin d’intégration des politiques territoriales comme les problématiques de gestion de bassins, et par un besoin d’adaptation dans le fonctionnement opérationnel.

Ces adaptations doivent se mettre en place en respectant le fonctionnement du réseau et de la structure et leur nécessaire gestion rigoureuse. Cela pousse aussi les structures et leurs partenaires à développer des approches stratégiques (stratégies financières - échéance des emprunts, anticipation et accompagnement de l’évolution des usages, renouvellement des canalisations à court et long terme...) et de stratégies globales (gestion de crise,développement, réduction, diversification, maintien ou non de certains systèmes...)

Les audits révèlent donc des besoins de soutien aux systèmes dans leur ensemble. Il apparaît ainsi clairement qu’au traditionnel financement à l’investissement matériel doivent être adossés des volets permettant les renforcements institutionnels et l’accompagnement des approches stratégiques afin de renforcer la pérennité des aménagements collectifs. A partir de ces différents éléments, plusieurs pistes d’actions sont proposées pour six thèmes prioritaires.